La Musique sur l’île de la Réunion

Le patrimoine de chaque nation, de chaque pays, est composé d’une multitude d’éléments spécifiques et caractéristiques. Au patrimoine matériel (les monuments bâtis,…) s’ajoute ce que l’on dénomme le patrimoine immatériel (Cuisine, Traditions,…)

Ce patrimoine immatériel recèle notamment la musique, qui caractérise une nation ou une ethnie. Sur l’île de la Réunion, plus qu’ailleurs, la musique caractérise la richesse et la diversité de ses habitants.

La musique, un véritable patrimoine

L’île de la Réunion est le lieu de rencontres de multiples cultures. La musique, comme tous les domaines de la société, a hérité de cette richesse et de cette diversité. Les styles de musique reflètent ce mélange d’influences, même si aujourd’hui, un séjour sur l’île de la Réunion ne nous empêchera pas d’entendre les musiques du monde entier.

C’est au cœur de la société des cafres (le terme désigne les Noirs de La Réunion), qu’est née une des musiques traditionnelles de l’île. Le maloya consistait alors en une complainte, permettant aux esclaves de se plaindre de leur sort et de regretter leur Afrique natale. Longtemps confiné à la clandestinité, le maloya s’est ouvert, depuis les années 60, au Monde. La musique s’est modernisée, et la complainte s’est faite chant de résistance, et hymne à la liberté. Le maloya est la musique , qui accompagne les manifestations de la Fête de l’abolition de l’esclavage, le 20 décembre. Elle en est l’emblème.

Une diversité et une ouverture sur le monde

Rencontre entre la culture d’Afrique et d’Europe, le séga est la seconde musique traditionnelle de l’île, même si elle n’y est pas confinée. La seconde moitié du XXème siècle a vu le sega revenir sur le devant de la scène, avec des rythmes plus soutenus.

Ces musiques traditionnelles ont su conserver leur authenticité, tout en s’ouvrant sur le monde. Ainsi, un groupe OUSANOUSAVA connaît un succès grandissant, rendant un véritable hommage à la Réunion grâce à des musiques envoutantes. Le groupe ZISKAKAN a même réussi lui à exporter séga et autres maloya au-delà des frontières de l’île. C’est la Réunion toute entière, qui s’est réjouie lorsque le groupe a reçu les Césaires de la Musique en 2007 (Cette distinction récompense les meilleurs artistes d’Afrique et des Départements d’Outre Mer).

D’autres groupes de musique expérimentent des approches différentes, en complétant la musique créole au rythme country (PAT JAUNE), ou à la musique celte (RENESENS).

La musique sur l’île de la réunion est donc un hymne à la diversité, et la reconnaissance du maloya comme patrimoine mondial de l’humanité (2009) a donné aux Réunionnais l’envie de continuer sur cette voie.

Les dictons créoles sur l´Ile de la Réunion

Chaque langage développe ses spécificités et ses usages. Aussi, quelle que soit la région, la langue concernée, le langage développe, au fil du temps, des locutions et des dictons, devant faciliter, imager, ou théoriser une idée, un concept.

Aussi, sur l’île de la Réunion, si la langue officielle reste le français, ce département d’Outre Mer dispose de sa langue populaire et usitée. Formée à partir de ses origines diverses, ce dialecte aussi possède ses spécificités : les dictons créoles.

Une langue populaire et pratiquée

Les dictons créoles prouvent, s’il en était besoin, la modernité de la langue réunionnaise. Certains dictons créoles sont anciens, mais d’autres sont apparus récemment, preuve de la vivacité du dialecte. Lorsque vous vous promenez sur l’île de la Réunion, entendre parler créole c’est entendre « chanter », tant le langage est imagé, et imprégné de diverses influences, parmi laquelle le Français représente une majeure partie. Les dictons créoles vous en disent plus sur l’humeur des habitants, et sur leur goût de la farce.

Ainsi, les dictons créoles n’ignorent pas, que l’île de la Réunion reste petite (avec une superficie d’environ 2500 km 2). C’est donc avec humour, que ces dictons créoles rappellent que tout se sait un jour ou l’autre :

Fourmi i pas’ sous la tèr, domoun i kone
(Les fourmis passent sous la terre, tout le monde le sait.)

Des « images parlées »

Même si ce n’est pas à proprement parler des dictons créoles, certaines locutions sont à l’image de ce dialecte réunionnais : imagée et humoristique.

Ainsi, pour décrire le champignon, peut-on lire :
Ti moun, gran chapo
(Petit Homme, Grand chapeau)

Dans le même esprit, les dictons créoles évoqueront l’écriture et la lecture :
La min i sèm, lo zyé i ramas
(La main sème et l’œil récolte)

C’est encore avec humour, que les dictons populaires réaffirmeront les règles de la bonne vie en société. Ainsi, « Ne pas utiliser les affaires des autres » se transformera en :
bate pa si tanbour out frèr
(Ne tapes pas sur le tambour de ton frère)

alors, que « L’erreur est humaine » s’entendra :
oug nana permi i tanpone
(Même avec le permis, on a quand même des accidents)

Entendre ces dictons créoles vous fera connaître le quotidien des réunionnais et des Réunionnaises. Basés sur la vérité populaire, ils nous renseignent sur la culture et les mœurs de l’île.

Le créole réunionnais

Lorsque l’on voyage, la barrière de la langue peut parfois représenter un obstacle, ou tout du moins un frein à la découverte du lieu visité et des habitants de la contrée, où nous résidons. En visitant l’île de la Réunion, on se rassure en se disant, qu’il s’agit bien d’un département d’outre mer.

Certes, la langue officielle est le français. Mais, les diverses cultures ont influencé un langage, qui devait servir surtout, au départ, à se faire comprendre. Le créole réunionnais reste encore la langue vernaculaire de la région.

Une langue pour tous

Un petit rappel historique pour bien comprendre le créole. Le peuplement de l’île s’est faite par vagues successives, avec des minorités ethniques différentes et variées (Chinois, Malgache, Indiens,…). La nécessité de se faire comprendre par tous était absolument nécessaire. Ainsi était né le créole.

Bien sur, le créole repose, en grande partie, sur une base française, sur laquelle s’est greffée une influence malgache. L’influence tamoule (indienne) est également présente. Le créole réunionnais s’est développé au fil du temps, mais il reste encore aujourd’hui très populaire et usité.

Comme tous les autres types de créole, le créole réunionnais résulte donc plus des déformations subies par un langage (ici le français), afin de l’adapter aux besoins et aux nécessités du moment.

Même si il ne vous est pas indispensable de parler le créole pour découvrir l’île de la Réunion, posséder des rudiments et les bases vous permettra de découvrir le quotidien des réunionnais.

Une langue d’aujourd’hui

Vous parlez déjà un peu créole sans le savoir. Ainsi, lorsque vous demandez la soupe d’origine indienne, appréciée à la Réunion, le moultani, c’est déjà connaître un mot de créole. Et pourtant, le terme d’origine tamule n’est guère aisé, à l’inverse des 80 % de termes français qui composent ce dialecte de l’île de la Réunion.

Il reste néanmoins difficile d’apprendre le créole, tant cette langue vernaculaire demeure une langue parlée et vivante. Aussi, pour maitriser les bases indispensables du créole, la meilleure façon sera de vous mêler aux réunionnais et réunionnaises.

Quelques bases pour comprendre et / ou se faire comprendre et pour koz-an-kaf (Parler créole) :

Kwelafe ? Que se passe – t –il ? Quoi de neuf ?
Koman i Le ? Comment ça va ?
Le La Bien
Ouçayle ? Ou est ce ?
Ziskakan ? Jusqu’à quand ?
Bonzour Bonjour
Bwar Boire
Biny Se baigner
Pei local (de la Réunion)

Les légendes de Grand-mère Kalle sur l’île de la Réunion

L’histoire d’un pays conditionne sa culture et son avenir. Les origines d’une population justifieront tel ou tel caractère, alors que les croyances de telle autre pourra expliquer le caractère belliqueux ou pacifique de la nation.
Mais, l’histoire d’un pays passe aussi par ses croyances, ses superstitions, et ses légendes. A l’île de la Réunion, La Grand-mère Kalle fait, aujourd’hui encore, trembler petits et grands.

La Grand-mère Kalle

La légende de Grand-mère Kalle – on l’appelle parfois Grand-mère Kal – se transmet de génération en génération, et reste bien vivace encore aujourd’hui. Pourtant, personne ne sait exactement qui était cette Grand-mère, dont la légende est parvenue jusqu’à nous.

La Réunion est une terre de contrastes, et on est vite imprégné de ce multiculturalisme, qui est à l’origine de cette légende. Transmise oralement, la vie de Grand-mère Kalle apparait aujourd’hui à travers 6 versions différentes (même si il doit exister bien plus de variantes).

La légende remonte à l’époque, où l’esclavagisme dominait les relations humaines sur l’île. Certaines en font un esclave modèle, alors que d’autres en font une propriétaire terrienne, terrorisant ses esclaves. La légende nécessite néanmoins ce combat entre les Hommes libres et les esclaves soumis. Grand-mère Kalle en est la personnification dans cette légende.

Une légende utile.

On croit parfois aussi voir l’origine de l’héroïne de cette légende, en une vieille femme détroussant les passants, à l’aide de condamnés, qu’elle abritait. La légende, quelle que soit la version retenue, nous est parvenue, et on s’en sert encore aujourd’hui pour mettre en garde les plus jeunes, et parfois effrayer les plus âgés.

Car, la Grand-mère Kalle est encore là. Qu’elle prenne la forme d’une vieille sorcière ou d’un grand oiseau noir, elle continue à hanter l’île, et si vous la croisez un soir, vous risquez de perdre votre âme. A moins qu’elle ne passe chez vous. Une version de la légende prédit, que Grand-mère Kalle se rapproche des malades. Son rire vous condamnera à coup sur, mais ses pleurs vous garantissent son départ prochain…Les légendes ainsi transmises effraient les enfants, qui redoutent d’entendre le « touc touc » de certains légendes, lorsque Grand-mère Kalle arrive à votre porte.

Une autre version de la légende prédit que Kalla, l’ancienne esclave modèle, se promène, remettant, la nuit tombée, des potions magiques aux enfants.

Lorsque l’on sait que Grand-mère Kalle est désormais fêtée à Saint Gilles de la réunion chaque fin du mois d’Octobre, on se dit qu’elle a gagné le combat pour que quelques jours plus tard les enfants, déguisés en sorcière, ne quémandent ces potions magiques, que sont les friandises…Grand-mère Kalle, l’Halloween de l’île de la Réunion.

Les vêtements réunionnais

Avant 1793, la Réunion s’appelait l’île Bourbon. La façon dont s’habillait les Réunionnais de l’époque et ceux d’aujourd’hui n’a plus rien à voir. Mais les touristes peuvent encore voir des habitants de l’île habillés de vêtements réunionnais traditionnels lors de fêtes, sur les places des marchés, à l’occasion de cérémonies particulières, pour des baptêmes, des mariages, etc.. Des costumes généralement taillés dans des tissus brillants, chatoyants, aux couleurs lumineuses et gaies. Les habits traditionnels de la Réunion sont toujours porteurs d’une exubérance et d’une certaine joie de vivre.

Bien entendu, les vêtements réunionnais sont inspirés des costumes créoles. Le vêtement réunionnais féminin se compose toujours d’un chemisier blanc à froufrou, d’un jupon caché par une ample jupe imprimée, à carreaux ou à rayures. Pas question de porter des langoutis (vieux vêtements réunionnais déchirés), les dames sont coquettes, mettent leur beau « linge », jettent leurs cheveux sur les épaules, et portent une fleur à l’oreille, lorsqu’elles veulent séduire. Plus généralement, lorsque les cheveux sont attachés, les dames portent une coiffe en madras ou une capeline, généralement tissée dans la fibre de catanier. A l’origine, à l’histoire de l’esclavage, les esclaves n’avaient d’ailleurs pas le droit de porter de chapeau. C’est pourquoi on trouve beaucoup plus souvent toutes sortes de fichus, noués de différentes manières, en fonction de la situation sociale ou matrimoniale des dames.

Au-delà des vêtements réunionnais, la parure élémentaire de toute femme inclut quelques accessoires indispensables, telles que les fameuses créoles, ces larges boucles d’oreilles que l’on retrouve également dans les Caraïbes. On trouve aussi toutes sortes de colliers et de bracelets, généralement assortis. Sans oublier les nombreux bijoux de cheveux : épingles et barrettes taillées dans des matières précieuses, le plus souvent en or.

Le vêtement réunionnais et les tissus réunionnais ne seraient rien sans le fameux madras. Il est vrai que cette étoffe à chaîne de soie et trame de coton léger, importée d’Inde, est devenue un symbole du vêtement réunionnais, voire porté comme un fichu, ou dans lequel on taille également des mouchoirs. Tissu bon marché, chatoyant et seyant parfaitement à la carnation des femmes de l’île, le madras se décline en une mosaïque de couleurs.

Où trouver des vêtements réunionnais traditionnels ? Pour acheter jupes, jupons, corsages, et bijoux, mieux vaut fureter sur les marchés traditionnels de l’île. Si vous ne trouvez pas, achetez du tissu au mètres et allez chez les couturières locales pour faire tailler, sur mesure, vos beaux vêtements réunionnais.